L'illustre historien et académicien René Rémond estime que « Le philosophe a pris la tête d'une nouvelle religion :
l'athéisme, dont il voudrait que l'Etat se fasse le propagateur. Une position « aux antipodes de la laïcité »
Source : Article publié dans LE MONDE le 02 Décembre 2005
Il s'agit là d'un intéressant dialogue entre personnes de différentes cultures sur la liberté d'expression
Le 28/02/06
L’insulte est une forme d’expression.
Ces jours-ci bon nombre des Occidentaux veulent faire croire au reste des habitants de cette planète qu’ils n’ont plus rien de sacré. Or c’est faux et même archi faux. Comme partout
dans le monde, sont encore heureusement sacrées chez eux et entre autres, l’intégrité physique et l’intégrité morale des personnes. De ce fait la sacrée liberté d’expression a pour limite le
devoir de ne pas porter atteinte à l’intégrité morale des gens. L’insulte et la diffamation sont donc des formes d’expression qui violent avec violence l’intégrité et la dignité de la personne
insultée ou diffamée. Y a-t-on droit sous couvert de la liberté d’expression ??? Bien sûr que non.
Et c’est vrai que les convictions religieuses n’ont plus rien de sacré en Occident. Et c’est le droit le plus strict des Occidentaux. Sauf qu’ils ne sont pas les seuls à habiter cette
terre. Et ils n’ont de ce fait nullement le droit d’imposer au reste de la communauté humaine leurs valeurs. Presque partout ailleurs au monde la religion est encore sacrée. Les convictions
religieuses chez ces gens sont si fortes qu’elles relèvent de leur intégrité morale. Nul au monde n’a donc le droit de les critiquer ou les offenser, pour autant qu’on ne le force pas à y
adhérer, et qu’elles ne le lèsent en rien. Et en Occident comme partout dans le monde nul n’est obligé de croire ni en dieu ni en aucun prophète. De ce fait nul n’a le droit ni de les critiquer
ni de les vilipender sous peine de porter atteinte à l’intégrité morale des fidèles.
Celui qui toutefois, éprouve de l’animosité pour une quelconque religion c’est qu’il pâtit de graves problèmes avec ses propres convictions au regard de cette religion. Par contre, celui qui est
sûr de ses propres convictions religieuses ou philosophiques se trouve si serein et si bien dans sa peau, que l’idée d’attaquer les convictions des autres ne lui effleure même pas l’esprit.
Moralité : est psychopathe notoire ou poujadiste machiavélique, celui qui éprouve l’envie d’insulter autrui en raison de ses convictions religieuses et ne peut résister à une telle envie, alors
que de telles convictions, je le répète, ne le lèse en rien.
Mustapha
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LE 02/03/06
Intégrité morale.
Cher Mustapha,
Pardonnez-moi de ne pas partager votre opinion selon laquelle l'intégrité morale de tout individu doit être nécessairement préservée à n'importe quel prix. Lorsque vous défendez la thèse selon
laquelle tous les humains sont égaux et que la notion de race n'existe pas (en utilisant des arguments scientifiques irréfutables), vous heurtez profondément l'intégrité morale des racistes et
leur vision du monde. Lorsque vous défendez la thèse que la géniocratie est une théorie fasciste, vous heurtez profondément la sensibilité d'un raélien pour qui il s'agit de la seule façon de
sauver le monde. Quand vous forcez un Témoin de Jéhovah à vacciner ses enfants, à leur faire une transfusion sanguine en cas d'accident, vous heurtez également profondément ses convictions. Aussi
étonnant que cela puisse vous paraître, la plupart des racistes, des raéliens ou des témoins de Jéhovah ont des convictions au moins aussi sincères que les vôtres. Mais la sincérité n'est pas une
motivation suffisante pour être préservé de la critique et de l'irrévérence.
Jean
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LE 02/03/06
Pas d’immunité pour toute conviction immorale
Cher Jean.
Toute conviction idéologique ou cultuelle qui soit de nature à porter atteinte à l’une ou l’autre intégrité d’autrui est par essence immorale. Pour cela et en toute logique, elle ne doit jouir
d’aucune immunité ni contre la critique, ni contre la mise sur la sellette et l’attaque. Et une telle critique n’a rien à voir avec l’atteinte à l’intégrité morale du raciste par exemple.
L’indéfendable est évident même pour celui qui le défend. Le voleur a beau défendre le vol, et la preuve qu’il est au fond de lui-même convaincu que ce qu’il défend est indéfendable, c’est qu’il
n’aime pas du tout être volé. L’attraper et le condamner est simple justice et nullement une atteinte à son intégrité morale.
Or mon propos est relatif à la récente attaque contre ce qu’il y a de plus sacré chez les musulmans, sous couvert de la liberté d’expression. Nous croyons nous les musulmans qu’il s’agit d’une
insulte gratuite, car dans nos convictions religieuses, soyez-en sur cher Jean, il n’y a absolument rien qui soit de nature à porter atteinte à l’une ou l’autre intégrité du non musulman. Et dans
ma réponse à Steph (ci-dessous), j’ai apporté les preuves historiques qui confirment les textes sacrés à ce sujet. J’y ai exposé aussi les diverses pratiques islamiques, pour montrer qu’elles ne
lèsent personne en rien. Elles ne concernent que les pratiquants eux-mêmes, sans jamais nuire en aucune façon au non musulman. Tout au contraire les textes sacrés dans l’islam insistent sur la
liberté de culte de chaque personne et prescrivent de solides relations de bienséance avec le non musulman pour autant qu’il ne fasse pas preuve d’injustice, d’intolérance et de discrimination en
raison du culte, de la culture ou de la race du musulman.
Croyez-le, soyez-en sûr et vérifiez-le même autour de vous cher Jean ; l’immense majorité des musulmans ne demande pas mieux que de vivre en paix avec tout le monde, pour autant qu’autrui ne
fasse pas preuve d’injustice à son égard. Les termes du salut du musulman est : « Assalamo alaïkom », soit « je vous dois la paix ». La réponse à ce salut est : « je vous dois la même paix » Et
là où les musulmans endurent les affres des conflits avec des non musulmans, c’est qu’ils s’estiment être victimes d’injustice. Et selon leurs valeurs islamiques ils ne doivent pas, en toute
légitimité, se laisser faire et ils doivent se défendre. Et ils ne s’en privent pas. Telles était par exemple le sens religieux, des guerres anticoloniales. Le colonisateur leur reproche leur
résistance ; leur en veut, les traite de tous les noms et c’est de bonne guerre.
Mais cela n’a rien à voir avec les fanatiques qui, à la manière des Talibans, sèment la terreur parmi nous, en vue de s’emparer du pouvoir et de nous gouverner à la cravache pour nous
soumettre à l’islam, contre notre gré. Cela n’a rien à voir avec les principes de ce culte. Et c’est plutôt foncièrement contraire à son enseignement qui, par contre et avec vigueur, prône la
liberté de culte pour tout le monde.
Nous avons beaucoup à gagner ensemble, en faisant preuve d’un indélébile respect mutuel, en vue d’une belle coexistence et ferme cohabitation en paix. Le monde n’en sera que plus beau et plus
agréable à vivre. Et tel doit être l’ambition de tous les peuples de cette planète.
Amicalement vôtre.
Mustapha.
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Le 03/03/06
Convictions immorales.
Cher Mustapha,
La morale est fluctuante à travers les époques et à travers les lieux. Ce qui est moral ici et aujourd'hui ne l'était peut-être pas hier ou ne l'est toujours pas à quelques milliers de kilomètres
d'ici, ou ne le sera peut-être plus demain.
Il y a quelques invariants, partagés par toutes les cultures ou à peu près qui se résument à ceci : ne fait pas aux autres ce que tu ne souhaiterais pas que l'on te fasse à toi même. Simple
question de survie dans un groupe où l’on n’est pas assuré d'être toujours en position de force.
Quant au fait que lorsque l'on contrevient aux invariants moraux (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas s'en prendre à plus faible que soi), cela est nécessairement "évident" à la personne qui
transgresse ces principes, permettez moi de ne pas être d'accord une fois encore.
Il y a des pédophiles qui sont REELLEMENT persuadés qu'ils ne font pas de tort aux enfants qu'ils molestent et le seul sentiment de culpabilité qu'ils éprouvent n'est pas suscité par leurs actes
en eux-mêmes, mais par le regard que la société en général portent sur eux.
De la même façon, bien des nazis au cours de la seconde guerre mondiale étaient persuadés d'oeuvrer au bien de l'humanité et d'être des citoyens modèles.
Les idéologies, qu'elles soient religieuses ou politiques, ont ceci de dangereux qu'elles permettent aisément les dérives au nom de la bonne conscience et du bien commun. Rien de ce qui touche
aux croyances (religieuses, politiques, scientifiques ...) n'est sacré. Absolument rien. Faire un pas dans cette direction, c'est l'assurance d'entamer un chemin qui mène droit à l'enfer, fusse
par des voies détournées.
Jean.
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Le 06/03/06
La morale comme valeur absolue pour tous
Bonjour Jean.
C’est à très juste titre que vous dites : "La morale est fluctuante à travers les époques et à travers les lieux. Ce qui est moral ici et aujourd'hui ne l'était peut-être pas hier ou ne l'est
toujours pas à quelques milliers de kilomètres d'ici, ou ne le sera peut-être plus demain." Mais j’ajoute que cela demeurera vrai tant que la morale n’a de source que le genre humain. Avec une
telle morale toute relative et versatile, parce produit de l’être humain qui est par essence faillible, le monde continuera à connaître et à souffrir de multiples horreurs qui font au quotidien
la une des journaux et que leurs auteurs leur trouvent d’aberrantes et injustes justifications selon leurs propres morales.
Vous me demanderez alors et en toute légitimité : "Quoi ? Y a-t-il une autre morale comme valeur absolue, exhaustive, qui soit de nature à être valable en tout temps et en tout lieu, et dont la
source transcende le genre humain ?" Non seulement je vous réponds oui mais j’ajoute qu’il s’agit d’une nécessite qui a toujours existé, sauf que c’est une question de croyance.
Tout l’univers autour de nous, de son infiniment petit à son infiniment grand, jouit d’une pérenne harmonie et d’un non moins parfait et perpétuel équilibre. Et l’unique composante de cet immense
univers qui y jouit du libre arbitre pour adhérer ou non et de son plein gré à cet équilibre est l’être humain. Je vous ai prévenu qu’il s’agit d’une croyance, et c’est ainsi que nous les adeptes
des trois cultes monothéistes au moins, nous croyons qu’en toute logique il y a un architecte suprême omnipotent et omniscient, qui en toute logique transcende toute sa création y compris bien
sûr le temps et l’espace, qui n’a jamais eu d’égal et qui de ce fait, en tant que souverain absolu, il fait ce qu’il veut sans avoir en rendre compte.
Nous croyons que la perfection dans l’univers qu’il a voulu créé et la pérennité de son harmonie, sont des signes évidents de sa perfection par essence, de son omnipotence et son omniscience. Et à l’inverse de l’hypothétique et très controversée théorie de l’évolution, nous croyons qu’il a créé l’homme, l’a doté du libre arbitre avec les moyens de discernement. Il lui a de suite et de tout temps envoyé des messages via d’autres êtres humains qu’il a élus ses messagers. Il les a pourvus de miracles pour les accréditer. Et dans chacun de ses messages divins il a répondu aux questions qui tout naturellement ne cessent de tourmenter l’homme. Les questions qui se rapportent à sur son origine, sa raison d’être et son destin après la mort. Il lui y annonce qu’il l’a créé pour l’éprouver. L’homme a ainsi en toute liberté à choisir entre suivre son penchant pour le mal et sa raison selon ladite morale transcendante et invariante comme valeur absolue émanant du parfait omniscient et omnipotent. Et devant ce libre choix, l’homme assume sa pleine responsabilité pour recevoir en conséquence ici-bas et dans l’au-delà la juste récompense qu’il mérite. C’est, je le répète, ce que nous croyons, nous les adeptes des religions monothéistes au moins.
Tout cela et selon l’immense bibliographie de l’islam ayant pour source le coron la sunna et la syrah, fait l’objet d’études très approfondies dans des facultés musulmanes des sciences de l’islam un peu partout dans le monde jusqu’en Occident et accessible à tout le monde.
Et tout cela pour vous dire cher Jean, que devant les aléas de la fameuse morale de source humaine toute relative, à laquelle vous faisiez allusion, nous les musulmans en particuliers et les autres fidèles des autres cultes en général, nous ne nous sentons pas en face d’un vide désespérant. Nous disposons plutôt d’un solide repère en cette morale invariante de source divine, comme valeur absolue, car elle émane, selon nos convictions religieuses, de celui qui a créé l’homme et qui en tant qu’omniscient il ne sait que trop bien ce qu’il nous convient en tout temps et en tout lieu afin de rejoindre l’harmonie dont jouit le reste de l’univers.
Telle est la morale à laquelle nous croyons, où la justice doit être la même pour tout le monde, en tout lieu et en tout temps, face à la justice toute relative en vigueur, qui tourne comme une girouette au gré des seuls intérêts et du bon plaisir du plus fort et du plus malin au détriment du plus faible et du plus démunis parmi nous tous.
Et cela ne veut nullement dire que tous les adeptes des trois cultes monothéistes respectent cette morale. Bon nombre d’entre eux, la trouvent des fois sinon souvent, contraire à leurs intérêts propres et s’en écartent ostensiblement pour revendiquer parmi les morales humaines celle qui les arrange. Et des fois ils essaient même de faire dire à la morale divine ce qu’elle ne dit pas, sauf que dans l’islam les textes sont là, immuables pour confondre devant tout le monde les outranciers.
Je dois ajouter que loin de nous tout manichéisme, nous savons que la morale humaine partout dans le monde, malgré sa mouvance, elle rejoint souvent la morale divine grâce aux longues et douloureuses luttes des gens victimes des outrances et des injustices. Ceci est si vrai que bons nombres des immigrants musulmans au monde occidental non musulman, reconnaissent y avoir trouvé et bénéficié d’une équité et d’une égalité des droits tout à fait conformes à l’éthique divine. Et il y a d’autres migrants, ayant migré pour vivre au sein de leur monde musulman, se plaignent par contre, de ne pas y avoir trouvé ou bénéficié de la même éthique divine censée y prévaloir. Ceci pour vous dire que la morale divine elle est à jamais ce qu’elle est. Quant à s’y conformer, reste à jamais une chose toute relative, qui dépend du degré de probité du fidèle ou du bon vouloir de tout être humain.
De toute façon, et comme je vous l’ai déjà dit au départ, la morale divine est question de croyance et de convictions religieuses. Y adhère qui veut et la rejette qui veut. Mais
en toute honnêteté, et objectivement, il s’agit d’une noble croyance, du fait que l’humanité n’a que du bien à en gagner de celui qui y croit. Et je vous dis tout de suite qu’il y a et qu’il y
aura toujours une minorité de fidèles de tous les cultes, qui par ignorance ne comprend pas une telle morale religieuse comme il convient de la comprendre. Ceux-là déforment hélas le noble
message divin et obscurcissent la voie de salut pour tous ceux qui se trouvent dans le désarroi devant toutes ces horreurs au quotidien et qui cherchent hors de leurs propres convictions
philosophiques des voies alternatives salutaires pour eux-mêmes et pour le reste de l’humanité.
Amicalement vôtre.
Mustapha
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Le 06/03/06
Sources de la morale
Bonjour encore Mustapha,
Il me semble que votre message comporte différentes affirmations qui nécessitent une réponse.
1. Je constate que vous faites l'impasse sur ce que j'appelais les "invariants" moraux, que l'on retrouve à peu près à toutes les époques et dans tous les lieux. Je les résumais par : "ne fait
pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse à toi-même". Vous pouvez juger que ces invariants sont d'inspiration divine si cela vous chante et si cela vous aide à les respecter. En
ce qui me concerne, je suis plus pragmatique, et je me dis qu'ils se sont peu à peu construits sur base de critères très objectivables : l'on est rarement assuré, tout au long de son existence,
d'être en position de force et d'imposer sa vision du monde aux autres. Sa propre survie dans un groupe, et la survie du groupe elle-même, imposent de respecter ces invariants.
2. Considérer qu'il y a une morale "divine" au dessus de la morale des hommes est une fois de plus faire un pas sur un chemin dangereux. Je peux comprendre que les règles morales que vous
imposent le Coran sont importantes pour vous. Je peux vous garantir que, pour moi et pour trois quart de l'humanité, elles ne signifient absolument rien (en dehors des invariants imposés par le
pragmatisme dont je parlais ci-dessus). Si votre morale juge impardonnable de caricaturer le prophète, c'est votre droit le plus strict d'éviter de le faire. Mais pour moi, cette règle ne
signifie rien. Par contre l'interdiction d'y contrevenir signifie beaucoup, en particulier lorsqu'elle m'est imposée par la menace.
3. Selon vos croyances, le Coran a été dicté directement au prophète et reprend, telle quelle, la parole divine qu'il n'est pas possible de mettre en doute. Encore une fois, libre à vous de
CROIRE que l'ange Gabriel a réellement dicté les versets du Coran au prophète, mais libre à moi de croire qu'il ne s'agit que d'une légende, d'une histoire manipulée au fil des siècles à laquelle
je ne donne AUCUN CARACTERE SACRE. La charge de la preuve, en la matière, vous incombe. A la rigueur, libre à moi de penser que cette histoire, telle qu'on peut la lire dans ses traductions,
comporte des passages que je qualifierais de nuisibles. Et libre à moi de le faire savoir, par tous les moyens que je juge appropriés, y compris la caricature. Libre à vous de tenter de me
convaincre que je me trompe, que ma vision est déformée, que l'Islam ne se réduit pas qu'aux quelques excités qui brûlent des ambassades, égorgent des journalistes, lapides des femmes, détruisent
des statues millénaires, ou se font sauter dans des pizzerias.
Jean.
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Le 08/03/06
La morale absolue et unique face aux intérêts iniques.
Bonjour monsieur.
D’abord il n’y a rien dans mon texte qui soit de nature à laisser croire que je fais l'impasse sur ce que vous appelez les "invariants" moraux, que l'on retrouve à peu près à toutes les époques et dans tous les lieux. Tout au contraire j’affirme que ces invariants constituent l’ossature de notre système de valeurs. Certes nous divergeons sur leur source, et c’est tout naturel. Mais nous nous entendons sur le fait qu’il s’agit du patrimoine commun à toute l’humanité.
Et c’est vrai qu’il me chante de croire que ces invariants sont entre autres d’inspiration divine. C’est même mon droit que vous devez me concéder, comme vous le faites si bien. Cela ne m’aide
pas seulement à respecter ces invariants moraux, mais cela m’oblige plutôt à les respecter, car je crois que j’en rendrai compte auprès du Seigneur et en recevoir en toute justice la rétribution
que je mérite déjà ici-bas et dans l’au-delà. Et c’est tout profit pour tout le monde que grâce à la religion le fidèle a ainsi, en plus de la bonne conscience humaine commune à tous, un autre
garde fou contre la démesure et l’injustice. Peu importe alors que comme vous le croyez, une bonne partie de l’humanité ne croit pas à ce Seigneur.
Et c’est vrai que même les peuples qui n’ont jamais connu de "messagers divins", étaient mus par les incertitudes inhérentes à la nature humaine, pour se fier à leur seul instinct de survie et
produire lesdits invariants moraux.
Et puis le pragmatisme cher Jean, n’est le monopole de personne, croyante ou pas. Juste pour votre information et très loin de toute intention prosélytiste, c’est ainsi que nous ne sommes pas moins pragmatiques et rationnels quand nous croyons en l’enseignement de l’islam. Ses textes prescrivent plutôt l’usage de la raison et l’esprit cartésien afin d’avoir une foi ferme et rationnelle. Ils font en plus l’apologie de la science comme excellent moyen pour raffermir la foi en dieu. C’est ainsi aussi et grâce au même enseignement de ce culte, qu’eut lieu une grande renaissance du développement de toutes les sciences initiée et soutenue par d’éminents savants qui étaient à la fois illustres érudits en sciences de l’islam et éminents hommes des sciences profanes. Les plus célèbres d’entre eux chez-vous sont Ibnou Roshd et Ibou Sina, qu’il plait aux Occidentaux d’appeler respectivement Averroès et Avicenne, comme s’il étaient des Grecs ou des Romains. Et vos propres encyclopédies nous rapportent ces quelques témoignages :
1) En mathématiques :
a) "Le mot algorithme n’est pas dérivé d’un mot latin ou grec, mais d’une contraction et d’une dérivation du nom du mathématicien arabe al-Khuwarizmi
qui publia deux livres importants : l’un sur l’arithmétique et l’autre sur «l’action de faire passer et d’agencer les parties d’un tout » (titre original : Kitab al-jabr wal muqabala). Trois
siècles plus tard, le livre, traduit en latin, porta le nom Algorismus"
b) "L’algèbre trouve un foyer d’accueil dans le monde islamique, où elle est considérée comme la «science de la réduction de l’arithmétique en une forme plus parfaite» ".
c) "L’islam, né dans la péninsule Arabique, connaît pendant un siècle une expansion rapide et règne sur un territoire s’étendant de l’Espagne aux frontières de la Chine. Cela amène les musulmans
à prendre connaissance des «sciences étrangères». Dans des centres tels que la Maison de la Sagesse (soit la Science), à Bagdad, des traducteurs, soutenus par les califes et par de riches
mécènes, donnent les versions arabes des ouvrages mathématiques grecs et indiens. Vers l’an 900, ce travail s’achève. Les savants musulmans utilisent ces acquis auxquels ils apportent de
nouvelles contributions. Le monde occidental latin fera sien une grande partie de ce savoir au cours du XIIe siècle, le grand siècle de la traduction. Avec les traductions des classiques grecs,
tous ces travaux musulmans seront à l’origine du développement des mathématiques occidentales au cours du Moyen Âge".
2) En astronomie :
"Les astronomes arabes, remarquables observateurs, établirent de nouveaux catalogues d'étoiles au IXe et au Xe siècle, ainsi que des tables de mouvements
planétaires. Ils perfectionnèrent les instruments d'observation, mais ne firent pas de découvertes fondamentales en astronomie. Dès le Xe siècle, la science arabe se propagea en Occident par
l'Espagne. Mais c'est seulement au XIIe siècle que des traductions latines de l'Almageste de Ptolémée circulèrent en Europe occidentale, stimulant l'intérêt des savants pour l'astronomie"
3) En médecine :
"Les connaissances les plus importantes concernant l’hygiène, l’alimentation et l’eugénisme ont été transmises en Occident par les écrits de médecins arabes,
Avicenne notamment"
4) En chimie :
"Aux VIIe et VIIIe siècles, les conquérants arabes propagèrent la culture islamique dans une grande partie de l'Asie Mineure, en Afrique du Nord et en Espagne.
Les califes de Bagdad devinrent des mécènes actifs de la science et de l'enseignement. Les versions syriaques des textes grecs furent à nouveau traduites, cette fois en arabe, et, avec
l'enseignement du grec, les idées et la pratique de l'alchimie fleurirent une nouvelle fois"
5) En physique :
"Au Moyen Âge, les travaux scientifiques de
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