L'illustre historien et académicien René Rémond estime que « Le philosophe a pris la tête d'une nouvelle religion :
l'athéisme, dont il voudrait que l'Etat se fasse le propagateur. Une position « aux antipodes de la laïcité »
Source : Article publié dans LE MONDE le 02 Décembre 2005
L’objet social du CAL : "Centre d'Action Laïque" est défini dans son site comme suit :
Objet social
Article 4 : Le CAL a pour objet de défendre et de promouvoir la laïcité en Belgique et en particulier en Wallonie et à
Bruxelles. Par laïcité, il faut
entendre
d’une part :
La volonté de construire une société juste, progressiste et fraternelle, dotée d’institutions publiques impartiales, garante de la dignité de la personne et des droits humains assurant à chacun la liberté de pensée et d'expression, ainsi que l’égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, d’origine, de culture ou de conviction et considérant que les options confessionnelles ou non confessionnelles relèvent exclusivement de la sphère privée des personnes.
Et d’autre part :
L’élaboration personnelle d’une conception de vie qui se fonde sur l’expérience humaine, à l’exclusion de toute référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle, qui implique l’adhésion aux valeurs du libre examen, d’émancipation à l’égard de toute forme de conditionnement et aux impératifs de citoyenneté et de justice.
Et c'est cette "autre part" dans cette définition de la laïcité, qui en fait un programme politique athéiste anti-confessionnel. Le préfixe anti ici, ne signifie pas juste l'opposition, mais plutôt une franche hostilité empreinte de mépris et de haine envers les cultes théistes et leurs adeptes, tout comme le préfixe anti dans antisémitisme contre les juifs. Une telle définition de la laïcité en fait ainsi un programme anti-confessionnel qui n'a rien à envier à l'hideux programme en la matière, qui a prévalu dans le sinistre régime communiste de l'ex-Union Soviétique, athéiste et totalitaire. Et c’est la forte tendance politique de mise en pratique de l'esprit et la lettre d'une telle définition de la laïcité en France qui envenime de nos jours, la vie entre les musulmans d’une part et une partie des Français athées d’autre part.
Dans cette définition de la laïcité les athées font allusion à :
Selon ces quatre points, il convient de dire alors que dans une telle laïcité, il ne fait pas bon de vivre ni juif ni chrétien ni musulman. N’y est donc citoyen à part entière que l’athée. Le théiste de n’importe quel culte, y est de facto un citoyen de seconde zone. Une telle laïcité n’est de ce fait bonne que pour une communauté exclusivement athée qui, quand elle se trouve, elle doit se ménager une place sur une autre planète, sans jamais nul contact avec la planète terre qui regorge et regorgera toujours de théistes.
Selon ce franc parti pris pour le seul athéisme contre toute confession théiste, les athées ont réussi dans cette définition de la laïcité, la curieuse prouesse de réunir la chose et son contraire. Cela ressemble au fameux proverbe marocain qui dit : « Monte manger des figues ; descends qui te l’a permis ? » Ils disent que d’une part, les institutions publiques doivent être garantes entre autres de la liberté de pensée et d’expression. Or la liberté de pensée doit sous-entendre la liberté de conscience et de culte qu’ils escamotent sciemment dans leur conception anti-confessionnelle de la laïcité. Et la liberté d’expression doit impliquer ipso facto pour le citoyen théiste, la liberté de la pratique de son culte, sans nulle limite ni de temps ni d’espace. Il s’agit d’une liberté de la pratique du culte tous azimuts, aussi bien dans la sphère privée que dans la sphère publique. Cela n’a d’ailleurs jamais dérangé personne en Inde, la plus grande démocratie au monde et le pays laïc par excellence sur cette terre. En matière de laïcité et de vie commune civilisée, ces athées de l'Europe ont d’édifiantes leçons à apprendre de bon nombre de pays du tiers monde.
Et d’autre part dans cette conception anti-confessionnelle de la laïcité, reproduite ci-haut, ces athées s’octroient allègrement le droit, d’imposez au citoyen théiste « L’élaboration personnelle d’une conception de vie qui se fonde sur la seule expérience humaine, à l’exclusion de toute référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle » De quel droit dans certains pays en Occident, l’athée s’estime supérieur à son concitoyen théiste, pour lui dicter sa manière de concevoir la laïcité et la manière de concevoir la vie commune dans la sphère publique ? Non seulement il lui dénie ainsi son droit à la liberté de pensée et d’expression, soit la liberté de conscience et de culte et la liberté de pratique de son culte, mais il lui impose en lieu et place sa seule conception athée de la vie.
Et ils se contredisent dans leur conception anti-confessionnelle de la laïcité, quand ils avancent « que les options confessionnelles ou non confessionnelles relèvent exclusivement de la sphère privée des personnes » Or il convient de signaler que « L’élaboration personnelle d’une conception de vie qui se fonde sur la seule expérience humaine, à l’exclusion de toute référence confessionnelle, dogmatique ou surnaturelle » est bel et bien l’option non confessionnelle, propre à l’athée. Et ils tiennent pourtant à ce qu’elle seule, relève de la sphère publique, et à l’imposer ainsi au citoyen théiste qui a lui, une option confessionnelle contraire, qu’il doit, selon le dictat des athées, cloîtrer dans sa sphère privée.
Vouloir imposer aux théistes dans cette conception anti-confessionnelle de la laïcité « que les options confessionnelles ou non confessionnelles relèvent exclusivement de la sphère privée des personnes » doit aussi impliquer en toute logique la destruction de tous les lieux de culte, qui se manifestent dans la sphère publique d’une manière ostentatoire et peut être avec trop d’arrogance pour le goût des athées anti-confessionnels. Et pourquoi pas, pour faire bonne mesure à l’instar du bloc communiste, ne pas convertir alors ces églises, ces synagogues et ces mosquées, en théâtres ou en musées ou en tout autre lieu d’utilité publique qui n’aient nulle connotation religieuse ? Imaginons un peu, où peuvent mener en toute logique un tel programme politique anti-confessionnel, que les athées tiennent à présenter comme laïcité. Et que faire alors dans ce programme des fêtes, qui pour la plupart sont religieuses, et les congés corollaires ? Que faire en plus des prénoms des citoyens qui relèvent de la sphère publique et dont bon nombre sont de connotation religieuse, du fait qu’ils rappellent ceux de nombreux prophètes bibliques ?
Imposer aux croyants de tout culte, et au nom de la laïcité : « l'élaboration personnelle d'une conception de vie qui se fonde sur l'expérience humaine, à l'exclusion de toute référence confessionnelle » consiste à imposer le dogme athée aux croyants. Cela n’a rien à envier au fascisme athéiste, qui a prévalu dans le régime soviétique totalitaire et qui prévaut toujours dans certains régimes communistes.
N’est-ce pas au nom d’un extrémiste équivalent dans le monde musulman, que des détraqués mentaux veulent imposer à tout le monde la religion et leur façon de la comprendre ? Ils veulent leur imposer quelque chose qui en paraphrasant cette définition athéiste de la laïcité, doit donner ceci : «l'élaboration de la seule conception de la vie qui découle de l’islam, à l’exclusion de toute référence à toute conception de la vie qui se fonde sur l’expérience humaine ou sur tout autre culte » Opter pour une telle conception franchement anti-confessionnelle de la laïcité, c’est adhérez au même extrémisme.
C’est pourtant cette laïcité athéiste anti-confessionnelle qui se trouve malheureusement, défendue en France. Sinon, c’est la laïcité au sens noble et propre du terme qui prévaut un peu partout dans le monde, y compris le monde musulman. La Grande Bretagne et la Belgique représentent entre autres, ce beau modèle de laïcité multiconfessionnelle. Par Mustapha HMIMOU
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