L'illustre historien et académicien René Rémond estime que « Le philosophe a pris la tête d'une nouvelle religion :
l'athéisme, dont il voudrait que l'Etat se fasse le propagateur. Une position « aux antipodes de la laïcité »
Source : Article publié dans LE MONDE le 02 Décembre 2005
Dans la suite de notre correspondance, le président du CAL (cercle de l'action laïc), à bout d’arguments en ce qui concerne le sujet de notre débat, a tenu à faire diversion pour déplacer le débat sur l’islam qui n’a ici nul objet ni nul sens. Il a ainsi tenu à intituler son nouveau message : Islam et athéisme. Ce titre est bien sûr inapproprié car l’islam n’est, pour nous les musulmans, à opposer à nulle conviction philosophique ou religieuse. Par principe cultuel, les convictions des non musulmans ne nous concernent en rien, pour autant qu’elles ne contiennent pas de quoi attiser l’animosité contre nous en raison de nos propres convictions religieuses.
Dans notre dialogue avec monsieur le président du CAL, nous étions jusqu’à présent, plutôt soucieux de la juste place qui revient à l’athéisme dans un Etat laïc, afin que les théistes n’y soient pas des citoyens de seconde zone obligés de plier aux quatre volontés des seuls athées au pouvoir au nom d’une laïcité travestie, comme en France, pour signifier plutôt et sournoisement athéisme. C’est là le point de départ de notre discussion. Et dans nos réponses précédentes, éditées sous forme d’articles dans ce blog, nous avons abondé en arguments à ce sujet, au point que le président du CAL doit avoir bien compris notre point de vue. S’il n’est pas d’accord, c’est son droit. Toutefois le titre approprié de notre discussion était plutôt athéisme et laïcité et non pas Islam et athéisme.
Aujourd’hui pour fuir le vrai débat qui pose problème surtout en France, il plait au président du CAL de changer de cap pour mettre l’islam sur la sellette alors que ce culte n’est à opposer ni à l’athéisme ni à nul autre culte ni à la laïcité. Mais fidèle à un ostracisme contre tous les cultes et notre culte en particulier, un ostracisme qui était l’objet de ma critique parce que anti-laïque, il ne s’est pas gêné de nous lancer à la figure sa diatribe sur l’islam. Et voilà ce qu’il nous a écrit à ce sujet : « Mais on ne peut pas non plus faire l’impasse sur le fait que l’Islam génère aussi, de par le monde, un mépris de la vie humaine et que des milliers de musulmans sont éduqués dans la certitude que se faire exploser avec le plus possible de civils innocents assure l’entrée au paradis. »
En réponse, nous tenons à rappeler que l’islam n’est pas un nuage fait de gaz insaisissable ou extensible à souhait pour qu’y ajoute qui veut ce qu'il veut ou en retranche ce qu’il veut quand il le veut. L’islam c’est des textes concrets, immuables et vérifiables, parce que partout disponibles jusque chez le président du CAL dans sa propre bibliothèque et sur l’écran de son PC via le NET. L’islam c’est le Coran et la Sunna , soit le recueil de l’enseignement du prophète Mouhammad soit-il béni par la grâce et le salut d’Allah.
Nous n’admettons donc nulle assertion pour ou contre l’islam sans texte à l’appui. Et il n’y a et il ne peut y avoir en l’occurrence, nul texte coranique ou de la sunna qui soit de nature à générer un quelconque mépris de la vie humaine, comme il plait à monsieur le président du CAL de le croire et le faire croire dans son cercle et hors de son cercle. Il s’agit de sa part d’un pur fantasme auquel il lui plait beaucoup d'y tenir sans jamais en démordre. Nous lui exposerons plus loin un échantillon de textes coraniques où Allah décrète plutôt la vie humaine sacrée et interdit toute violation de son intégrité. Mais ce n'est pas ce qu'il lui plait d'entendre sur toute religion et surtout sur l'islam. Et si des musulmans et des non musulmans se plaisent à donner de certains textes coraniques des interprétations qui soient conformes à leur seul penchant fantaisiste pour y voir un mépris de la vie humaine ou toute autre perversion, cela n’engage en aucun cas l’islam.
Pour être plus clair, il convient de méditer l’exemple suivant. Quand il arrive que la route connaît une hécatombe, est-ce qu’il vient à l’esprit de quiconque de dire ou d’écrire que le code de la route génère un mépris de la vie humaine ? Qui pense à imputer à la route, au véhicule ou au code de la route, l’imprudence des conducteurs et leur désinvolture ? Personne. Et c’est malheureux voire malhonnête que ce soit à l’islam uniquement que l’on se plait à imputer iniquement tous les travers de ses adeptes.
Jamais les terribles violences du conflit irlandais, pourtant de connotation politico-religieuse manifeste, n’ont été imputées à l’une ou l’autre secte chrétienne en conflit dans la région. Il en fut de même, du massacre des pauvres Bosniaques musulmans par les Serbes manifestement animés dans leur basse besogne par une haine d’ordre religieux. Et que dire du terrible malheur que vivent au jour le jour les pauvres Palestiniens depuis plus d’un demi-siècle de la part des sionistes qui se disent animés dans leur agression contre ce peuple par des considérations religieuses ??? C’est à croire que le Palestinien n’est plus pour les Occidentaux un être humain et sa vie n’y mérite que le plus grand mépris, parce que coupable de ne pas être né juif sur sa propre terre. Pour nous les musulmans, il s’agit là et à très juste titre du réel mépris de la vie humaine que génère plutôt l'ostracisme racial évident en Occident, et que nous n'avons de notre part l’impudence d’imputer ni à l’athéisme ni au christianisme ni au judaïsme qui prévalent dans cette région du monde.
Qu’en est-il à présent des textes coraniques qui soient les seuls à engager la responsabilité de l’islam en matière de préservation de la dignité de l’homme et de son intégrité physique ? Voilà ce qu’il en est d’abord de la prohibition du suicide (il ne s’agit là toujours que du seul sens du verset et non pas du verset proprement dit qui est en arabe la langue de sa révélation à l’origine) :
- « Vous les croyants! Ne disposez pas illicitement des biens des autres. N’en disposez que via un négoce licite consenti mutuellement. Et ne mettez pas fin à votre propre vie. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous. » (verset 29 chap. 4)
En cas de malheur de n’importe quelle ampleur, il est prohibé par l’islam de manquer de confiance en Allah pour se laisser aller au désespoir et commettre n’importe quelle folie. Voilà ce qu’en dit Jacob aléas Israël, devant l’épreuve de perdre ses deux fils préférés Josef et Benjamin. C’était un prophète inspiré par Allah pour dire à ce sujet ce qui suit dans des circonstances trop dures pour un père. Le Coran nous le rapporte dans un but pédagogique :
- « Vous mes fils! Partez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Ce sont seulement les gens mécréants qui désespèrent de la miséricorde d'Allah" ».(Coron : verset 87 chap. 12)
Et au lieu du suicide ou toute autre folie, en cas de survenance d’un malheur ou en cas de souffrance, ce qui est plutôt prescrit et recommandé au fidèle c’est de faire preuve d’une belle endurance :
- « Nous vous éprouverons sûrement, par un peu de peur, de faim, de diminution de biens, de personnes et de récoltes. Et annonce la bonne nouvelle aux endurants,* qui disent, quand un malheur les atteint: "Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons.* Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés ». ( versets 155 ; 156 et 157 du chap. 2)
Et en lieu et place du prétendu mépris de la vie humaine, qu’il plait au président du CAL de croire et de faire croire qu’il est généré par l’islam, l’intégrité physique de tout être humain, musulman ou pas, est plutôt plusieurs fois décrétée sacrée par le Coran :
- « Dis: "Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos géniteurs (le père et la mère) Ne tuez pas vos enfants par peur de pauvreté… (la vie humaine est ici décrétée sacrée bien avant leur naissance) … Nous vous pourvoyons en subsistance vous tout comme eux. N'approchez pas des turpitudes ouvertement ou en cachette. Ne mettez pas fin à la vie humaine qu'Allah a décrétée sacrée sauf selon le droit (sauf les cas prévus par la loi dans un Etat de droit). . .. (Il s’agit ici de toute vie humaine sans aucune discrimination de nul ordre) …Voilà ce qu'Allah vous a recommandé de faire; peut-être comprendrez-vous ». (verset 29 chap. 4).
Lisez à ce même propos les deux autres versets à savoir le verset 33 du chap. 17 et le verset 67 du chap. 25. Et en voilà un autre plus édifiant :
- « …C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les fils d’Israël (soit sa descendance) que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d’une corruption sur terre, c’est comme s'il avait tué l’humanité toute entière. Et quiconque réanime une vie humaine, c’est comme s'il faisait don de la vie à l’humanité toute entière. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre ». (verset 32 chap. 5)
Et ce qui est prescrit ici pour les fils d’Israël, nous est rapporté par le Coran toujours dans un but pédagogique. Par respect à la vie humaine, qu’en est-il alors selon les textes toujours, de ceux qui se permettent de violer l’intégrité physique ou l’intégrité patrimoniale de tout être humain dans un Etat de droit musulman ? Ceux-là sont dits dans ces textes les belliqueux contre Allah et son messager :
- « La punition de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui se plaisent à semer la corruption sur terre, c’est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient bannis du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà il y aura pour eux un énorme châtiment, » (Coron : verset 33 chap. 5)
Si les peines dans ce verset semblent trop sévères c’est que selon l’islam, le crime de violer l’intégrité physique et l’intégrité patrimoniale de toute personne innocente est trop grave. Qu’en est-il à présent du respect de ces commandements divins dans les faits et dans la vie au quotidien de tous les musulmans ? Si, comme le prétend le président du CAL, malgré tous ces textes qui soient les seuls à engager la responsabilité de l’islam, ce culte était quand même de nature à générer un mépris de la vie humaine, le monde musulman, dans ses deux immenses dimensions à savoir le temps et l'espace, serait parsemé de bombes humaines qui fauchent à longueur de journée et partout des vies humaines innocentes. Or le long de quatorze siècles de l’histoire de l’islam, un tel phénomène ne date que depuis la première Intifada en Palestine il y a un peu plus d’une décade. Et le voilà apparaître pour la première fois en l’Irak depuis son invasion par l’armée usamériciane en 2003, alors que ce pays a toujours été musulman depuis l’aube de l’islam sans jamais connaître de bombes humaines.
Le phénomène est pour ainsi dire limité dans le temps à une décade de l’âge de l’islam qui compte plus de quatorze siècles, et limité dans l’espace à ces deux pays la Palestine et l'Irak, de tout le monde musulman qui va de Jakarta à Rabat et pendent huit siècles jusqu’à Cordoba. La récente extension de ce malheureux phénomène à d’autres régions de ce monde et ailleurs, demeure aussi très limitée. Il s’agit donc là, en plus des textes cités ci-haut, de preuves irréfutables à l’encontre de l’allégation du président du CAL très tendancieuse et manifestement injuste contre un culte qui est pour nous sacré en raison de tout ce que nous en savons maintenant et qui mérite pour la cause le plus grand respect de tout le monde.
Le président du CAL ajoute dans le même message : « Et il n’en demeure pas moins que beaucoup de musulmans récusent cette conception archaïque et criminelle (sic) de l’Islam. » Après tout ce que l’on sait maintenant sur l’islam à propos du sacré respect de la vie humaine, et sans vouloir offenser le président du CAL, quoique il n’y est pas allé de main morte ni avec le dos de la cuillère, franchise oblige ; il doit convenir avec nous sans peine qu’est plutôt infiniment criminel tout témoin par exemple, qui, par pure animosité pour un accusé innocent et sans la moindre preuve à l’appui de son témoignage, vient au tribunal témoigner contre lui, rien que pour le voir injustement condamné.
Selon des propos comme ceux du président du CAL, si injustes, injustifiés, et trop légers pour un président d’un cercle comme le sien, tous les musulmans depuis quatorze siècles ne seraient que des criminels ou des criminels en puissance, en raison d’un islam selon les mêmes propos, par essence archaïque et criminel. Qu’est-ce qu’il ne faut pas alors, avec de telles allégations et pour le plus grand bien de l’humanité, pour ne pas justifier une autre solution finale à l’encontre d’une autre question, soit cette fois-ci la question musulmane, à l’instar de la sinistre question juive, et qui consisterait à en finir avec un tel culte si dangereux en parquant tous les musulmans quelque part sur cette terre pour s’en débarrasser en les gazant tous d’un seul coup et d’une manière industrielle ???
Cependant nous remercions notre interlocuteur d’avoir été si franc et de ne pas s’être gêné de dire tout ce que il a sur le cœur contre nous et contre notre culte, sinon comment aurions nous pu lui sortir toutes ces clarifications que toute personne sensée ne peut nier qu’elles sont édifiantes et solidement bien étayées.
Quant à son assertion où il dit : « Et il n’en demeure pas moins que beaucoup de musulmans récusent cette conception archaïque et criminelle de l’Islam. » il convient de dire qu’il faut être débile et détraqué bien patent pour se déclarer sincèrement musulman et accuser en même temps l’islam d’être archaïque et criminel. Ce serait s’accuser soit même et d’une manière manifeste d’être archaïque et criminel avéré. Le président du CAL doit admettre avec nous que d’une part l’on ne peut en toute logique se réclamer d’une idéologie criminelle ou de convictions religieuses ou philosophiques criminelles sans se reconnaître soi-même criminel. Celui qui se déclare mafieux se connaît ipso facto criminel. Et l’on ne peut d’autre part, trouver nul adepte sincère de nul culte qui admet que sa religion est archaïque et criminelle. En ce qui nous concerne et en ce qui concerne toute personne sensée et logique avec soi-même, nous renoncerions à l’instant à l’islam au su de tout le monde si nous devons avoir le moindre doute qu’il comporte la moindre conception archaïque et criminelle.
Ceci pour dire que ceux qui, selon les assertions du présidents du CAL, se déclarent musulmans et admettent en même temps que l’islam comporte des conceptions archaïques et criminelles ne peuvent être en toute logique que de vicieux tartufes, ennemis affirmés des musulmans et de leur culte, et qui tentent ainsi de les discréditer du fait de leur prétention abusive de bien les connaître de l’intérieur. C’est vraiment dommage monsieur le président du CAL, que ce soient ceux-là qu’il vous plait de qualifier dans votre message précédent de musulmans modernes et ouverts. Et c'est chez ceux là qu’il plait à tous les détracteurs de l’islam d’aller chercher tout ce qui les réjouit d’entendre ou de lire contre nous et contre notre culte pour le présenter abusivement comme des vérités crédibles parce que puisées à la «source» de l’intérieur du monde musulman.
Quant aux bombes humaines qui explosent dans des innocents dans le monde musulman, au grand mépris de la vie humaine, il y a bien des responsables bien coupables, mais au grand jamais nulle conception islamique prétendue archaïque et criminelle. Faut-il à monsieur le président du CAL être royaliste plus que le roi ? Les musulmans proches des victimes des bombes humaines qui ont explosé à la face de paisibles gens à Casablanca, n’admettent nullement, en plus de ce malheur qui les a frappés de plein fouet, l’humiliation d’accuser leur culte l’islam de ces crimes contre des êtres très chers.
Le premier coupable de ces crimes au sein du monde musulman est le kamikaze lui-même, car devant de dures épreuves d’ordre socio-économiques ou autre, tout musulman digne de ce nom doit cultuellement faire plutôt preuve d’endurance et ne doit jamais céder au désespoir pour aller se défoncer ou se faire exploser parmi les gens.
Le second coupable selon toutes les forces vives dans le pays, est la politique qui a dû par inadvertance ou par pure négligence laisser pourrir la situation dans des bidonvilles, devenus de ce fait des terrains fertiles au recrutement de telles bombes humaines. La promesse d’un hypothétique paradis ou même la certitude d’aller droit en enfer, importent peu à ces jeunes qui ont craqué de désespoir de s’en sortir et qui étaient déjà prêts à se tuer sous n’importe quel prétexte. Tout le monde connaît ceux qui sacrifient tout ce qui reste à leurs pauvres familles de patrimoine et d’économie, pour s’embarquer dans des barques de fortune, dites pour la cause barques de la mort, et ne reculent devant rien pour risquer ainsi une mort presque certaine en vue d’un mirage d’Eldorado de l’autre rive du détroit en Espagne.
Admettant ce point de vue bien raisonnable, les autorités au Maroc et ailleurs dans le monde musulman s’emploient à faire le nécessaire dans les quartiers dits sensibles afin d’y relever tant que possible les conditions de vie socio-économiques en vue d’une vie plus décente et contre l’éclosion de toute pépinière de candidats au suicide tout court ou sous forme de bombes humaines.
L’autre coupable plus dangereux que tous, comme la mafia des passeurs au détroit, se sont les opportunistes politiques ratés, cancres et ignares notoires, qui ne comprennent absolument rien à l’essence de l’islam et qui veulent déstabiliser nos pays pour y prendre le pouvoir et nous y mener à la baguette à la manière des Talibans, en nous forçant à être des musulmans à leur goût de goujats, contre nos grés et contre toute liberté de culte et toute liberté de conscience prônée par l’islam même. Les enquêtes ont révélé que les instigateurs de ces attentats, qui ont armé et téléguidé ces bombes humaines, sont, pour la plupart sinon tous, de niveau scolaire qui ne dépasse pas la troisième et la quatrième année primaire et qui vivent de métier de marchands ambulants en tirant dans les rues de petites charrettes pour vendre tout et n’importe quoi. Telle est « l’illustre » classe politique qui cherche ainsi à prendre le pouvoir pour nous gouverner au nom de l’islam, alors que ce culte est tout à fait innocent d’eux et de leurs sinistres desseins.
Ces rustres ne sont nullement à confondre avec les mouvements et les partis islamiques, comme ceux d’obédience chrétienne en Europe, qui participent à la vie politique d’une manière légale et qui, comme tout parti politique qui se respecte, revendiquent l’accès au pouvoir via les voies démocratiques tout à faits conformes d’ailleurs au principe de justice de l’islam, et qui comptent gérer les affaires publiques avec l’honnêteté, l’intégrité et la probité dont ils prétendent être imbibés avec le plus grand respect de la liberté de culte et celle de conscience, laïcité oblige. Le PJD turque aujourd’hui au pouvoir, est de ce type de parti islamique.
Quant aux bombes humaines en Palestine, n’en déplaise au président du CAL, l’unique coupable est l’ignoble injustice qui frappe le peuple palestinien depuis plus d’un demi-siècle. Et le pauvre Palestinien s’y trouve plutôt entre deux logiques opposées et manifestement contradictoires à savoir, celle de l’Occident judéo-chrétien d’une part et à celle de l’islam d’autre part. La première est contre lui et la seconde le soutient contre l’injustice qui le frappe de plein fouet. La première lui est tombée sur la tête au nom du fameux et sinistre concept raciste du «White only» doublé de celui du «Peuple élu de dieu». C’est plutôt cette logique infernale qui lui dénie non seulement sa dignité humaine mais même sa qualité d’être humain, parce que coupable d’abord de ne pas être né de peau blanche sur sa propre terre et de ne pas y être ensuite né juif par mal chance.
C’est donc selon cette même logique terrible pour ce peuple, que la vie du Palestinien ne mérite même pas d’être qualifiée d’humaine, et ne mérite plutôt que le plus grand mépris. Dans les médias chez le président du CAL en Occident où prévaut cette logique démoniaque, quand un juif sioniste se trouve tué par des Palestiniens et parce que considéré dans ces médias comme un être humain à part entière, il a un nom propre, une famille, un passé et mérite toute compassion des lecteurs et des téléspectateurs. Et quand c’est un Palestinien qui est assassiné par les sionistes dans la même zone de guerre ouverte contre son peuple, il ne vaut pas dans les mêmes médias plus qu’un chien. Même quand il s’agit d’une fillette tirée comme un lapin sur le chemin de l’école ou sur le banc de sa classe, elle n’a pour la cause nul fond humain, ni un nom propre, ni une famille ni un passé susceptible de lui faire mériter la moindre compassion des lecteurs et des téléspectateurs.
Au sein même de ce monde occidental où prévaut encore et avec vigueur la logique du « White only », quand un blanc et un noir, victimes tous deux des ravages du cyclone Katerina, entrent tous deux en même temps dans un magasin dévasté pour se servir et ne pas mourir de faim, à cause des secours qui retardent ; le rescapé blanc est présenté dans les médias comme une victime qui cherche de quoi se nourrir, quant au noir il y est présenté comme un vulgaire pillard. Le premier, du seul fait qu’il est blanc, est être humain dont la vie est digne de respect et mérite d’être sauvée. L’autre parce que noir, est moins qu’un être humain sinon un simple bipède et simple parasite qui doit quant à lui faire preuve de moralité face à une mort certaine pour ne pas se nourrir, quitte à disparaître et bon débarras. Ces faits sont rapportés avec amertume et la rage au cœur, par un rescapé noir en Louisiane.
Le Palestinien victime chez-lui de cette terrible logique du « White only » doublé du « Peuple élu de dieu », se trouve plutôt soutenu dans sa dure épreuve par la seconde logique, celle de l’islam, qui lui reconnaît son humanité et l’encourage à faire face à l’immonde injustice qui le frappe, parce pour autant qu’on y résiste toute injustice est condamnée tôt ou tard à disparaître. C’est donc plutôt l’islam qui est d’un humanisme universaliste contre toute ségrégation de tout ordre et qui pour la cause soutient ce Palestinien contre l’infernale et sinistre logique du « White only » doublée du « Peuple élu de dieu ». Et c’est pour cette même raison que les adeptes de cette terrible logique inique considèrent et présentent l’islam comme un culte de conception archaïque et criminelle.
Il faut dire à ce sujet que selon le Coran même et selon toute l’histoire de l’islam, ce culte a toujours dérangé et dérangera toujours. La substance coranique a toujours été et restera toujours de nature à tout susciter, l’adhésion à tous les degrés, l’opposition des fois très violentes, et très rarement l’indifférence.
Le prophète de l’islam, et dès le début de sa mission a déjà été souvent insulté, houspillé par les gens de sa propre tribu païenne et de sa propre famille, opposés au monothéisme et au système de valeurs du nouveau culte qui contrarie leurs intérêts. Ils ont même attenté à sa vie. Ils ont persécuté les tous premiers adeptes de l’islam et ont en torturés à mort certains pour leur faire abjurer leur foi. Et Soumaïa, l’une des toutes premières femmes converties à ce culte, y a laissé sa vie pour être la première martyre de l’islam.
Sous cette pression croissante et incessante, la toute première et petite communauté musulmane a dû émigrer à Médine à cinq cent kilomètres de la Mecque pour y vivre en paix. Et pourtant elle a été pourchassée jusque là. Une fois assez forts pour se défendre, ce verset du Coran a enfin permis aux tous premiers musulmans de prendre les armes pour se battre :
· « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre), parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certes à même de les secourir : * ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : "Allah est notre Seigneur". Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, seraient démolis des monastères, des églises, des synagogues et des mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant » (versets 39 ; 40 chap. 22)
Et c’est ce même verset qui anime et qui animera toujours chez les musulmans qui s’estiment lésés par des puissances étrangères, la lutte pour la sauvegarde de leurs droits légitimes et de leur dignité, et qui en même temps et de bonne guerre, suscitera tout naturellement et toujours chez leurs ennemis les pires attaques de toute nature contre l’islam contre son prophète et contre les musulmans. Les fameuses caricatures diffamatoires rentrent dans ce genre de réactions.
Chez certains athées et certains gens de cultes non musulmans, comme chez la tribu du prophète soit-il béni par la grâce et le salut d’Allah, c’est plutôt l’expansion fulgurante de l’islam qui par pure jalousie, suscite une animosité contre ce culte et contre ces adeptes. Celle récente du Pape et celle du prétendu philosophe dans le Figaro est de cette nature.
Selon l’enseignement du Coran même, qui a tout prévu à cet égard, il y a deux sortes de réponses à ces invectives. L’une est la belle indifférence vis-à-vis des insultes : « Détourne toi de ceux qui ne veulent rien savoir ». L’autre, pour le grand public soucieux de savoir, consiste à rétablir la vérité sur toutes les assertions erronées dites sur l’enseignement de l’islam et sur son prophète. La sagesse coranique recommande donc aux musulmans le calme contre toutes les attaques verbales véreuses.
Quant aux bombes humaines qu'il plait au président du CAL d'imputer à l'islam pour nous détourner du vrai coupable, il faut rappeler que beaucoup considère avec raison, que les vrais coupables du massacre des quatre vingt milles victimes innocentes, fauchées d’un seul coup par la bombe atomique à Hiroshima et à Nagasaki, ce n'étaient pas les Américains mais plutôt les responsables japonais de l’époque, qui ont fait de leur propre pays une zone de guerre. Pour stopper les incessants dégâts causés par l’ennemi, il a fallu aux Américains lui faire le mal nécessaire qui soit de nature à le faire abdiquer. A l’instar de ces responsables japonais, il doit en être de même en Palestine, de tous les sionistes qui ont pris le risque d’emmener les leurs, enfants, vieux et femmes de très loin hors de chez eux dans une région dont il ont fait eux-mêmes une zone de guerre ouverte contre le peuple authentique de cette terre pour l’en déloger et l’y supplanter.
Nous les Berbères de l’Afrique du Nord, nous sommes au monde parmi les mieux placés pour en savoir sur la logique qui dénie à l’être humain son humanité et celle qui la lui reconnaît. Nos terres ont connu de grandes invasions étrangères, celle des Romains, celle des Phéniciens, celle des musulmans et celle des Français. De celles qui étaient motivées par le plus grand mépris pour nous il ne reste nulle trace ethnique parmi nous. De celle qui nous a reconnu notre dignité humaine il reste tout et avec la plus grande force.
En signe de respect pour notre dignité les musulmans ont commencé par prendre pour épouses des femmes de chez nous comme mères de leurs propres enfants. Ils ont admis ainsi et en toute modestie que leur propre descendance aie le même sang qui coule dans nos veines. Et ils se sont mêlés à nous au point de ne plus savoir qui sont cent pour cent berbères ou cent pour cent arabes. C’est que ceux-ci étaient porteurs et imbibés d’un système de valeurs vraiment humain. Il s’agit d’un système qui est aux antipodes de celui des autres envahisseurs dont plus récemment les Français, que nous avons toujours et en toute justice, fini par chasser d’au-dessus de nos têtes.
Pour lire la suite cliquez sur ce lien : Parole de berbère
Mustapha HMIMOU
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